Autobiographie d’un yogi

Autobiographie d’un yogi

30 juillet 2018 0 Par Vincent

Autobiographie d’un Yogi a été écrit en 1945 par le célèbre yogi indien Paramahansa Yogananda (1893 – 1952). C’est à lui que l’on doit la propagation du Kriyâ Yoga en Occident.

De son vrai nom Mukunda Lal Ghosh, il est le quatrième enfant d’une fratrie de huit. Ses parents sont des disciples du grand Yogi Lahiri Mahâsaya.


A la recherche de son guru

Dès son plus jeune âge, Mukunda ressent une envie irrépressible de trouver le divin et rêve de se rendre dans l’Himalaya, résidence des maîtres et des saints de l’Inde. Il entreprend même une fugue qui se soldera par un échec, l’obligeant bon gré mal gré à continuer ses études secondaires.

Sa quête de Dieu l’amène à faire la rencontre de personnages singuliers: le Saint aux Parfums, capable d’imprégner un objet de n’importe quel fragrance, le Swami aux Tigres, Badhuri Mahâsaya le Saint aux lévitations, le savant Jagadis Chandra Bose… Cependant, la seule chose qui intéresse le jeune Mukunda est d’enfin trouver son guru.

Rencontre avec son guru

A la fin de ses études secondaires, Mukunda décide de se rendre dans un ermitage à Benarès (ville du nord de l’Inde) afin de continuer à explorer son chemin spirituel. Son séjour fut bref mais lui permit de faire la rencontre de Srî Yukteswar, qui allait devenir son maître.

Srî Yukteswar était également un disciple de Lahiri Mahâsaya et un grand yogi. Bien que n’en faisant pas étalage, il possédait des capacités totalement surnaturelles pour le commun des mortels. Capable de prévoir certains événements des années à l’avance, il accomplit des guérisons instantanées et permit à Mukunda, trop maigre, de reprendre ses kilos manquants par la seule force de sa volonté.

C’était un homme d’une grande bonté néanmoins, il ne faisait preuve d’aucune flexibilité concernant les travers de ses élèves. Par conséquent, seuls les disciples les plus tenaces supportaient la sévérité de son enseignement.

Mukunda tint bon et un jour, son guru lui offrit sa première expérience du samadhi – l’illumination. A la suite de celle-ci, Mukunda augmenta encore le temps qu’il passait à méditer jusqu’à “[percer] la rude écorce de la matière”. On peut donc en déduire que Yogananda était un yogi accompli à la fin de sa vie, à l’image de Srî Yukteswar.

Mâyâ

Le but final du yogi est de se libérer de mâyâ, l’illusion cosmique. Mâyâ est la loi fondamentale du monde physique, principe de dualité: bien / mal, chaud / froid, positif / négatif, etc.

Cependant, derrière l’illusion des sens, la nature ultime de la matière est énergie. Là réside le secret des pouvoirs de tous les grands saints et maîtres à travers l’histoire: ils ont percé le mystère de mâyâ et perçoivent l’univers comme un grand champ de lumière duquel ils font partie intégrante – ce que Yogananda a brièvement expérimenté lors de son samadhi.

Affranchi du temps et de l’espace, le maître utilise son pouvoir de création pour manipuler les atomes de lumière à sa guise. Il est devenu Dieu.

Mukanda devient Yogananda

Malgré son manque d’enthousiasme concernant ses études universitaires, Mukunda obtint miraculeusement son diplôme, une fois de plus grâce aux précieux conseils de son maître.

Il décida donc de rentrer dans l’ordre des Swâmis (moines) à la grande joie de son maître, qui lui conféra l’initiation.

Mukunda devint donc Yogananda, qui signifie “Béatitude acquise par l’intermédiaire de l’union divine”, réalisant ainsi son rêve de toute une vie.


Premiers pas en tant qu’enseignant

A la suite d’une remarque de son maître, Yogananda ouvrit une école de yoga à Ranchi. Rapidement, celle-ci gagna en notoriété et le nombre d’élèves augmenta rapidement.

Un jour, l’un d’eux, un dénommé Kashi, demanda à Yogananda quel serait son destin. Celui-ci lui répondit instinctivement qu’il allait mourir. Kashi fit alors promettre à Yogananda de le retrouver dans le cas où la prophétie se réaliserait.

Peu de temps après, Kashi mourut du choléra. Yogananda se mit alors à la recherche de celui-ci et, un jour qu’il se promenait dans les rues de Calcutta, il capta un signal provenant de l’âme de Kashi. Il suivit donc l’endroit ou son intuition le menait et arriva alors tout droit chez un couple qui attendait un enfant.

Le père du bébé fut convaincu par le récit de Yogananda, qui retourna voir l’enfant après sa naissance. Un lien se créa immédiatement entre eux et lorsque l’enfant devint un adolescent, il écrivit une lettre à Yogananda qui l’envoya auprès d’un maître de l’Himalaya.


Changement de continent

Suite à une vision, Yogananda décida de se rendre aux Etats-Unis où il arriva en 1920. Il y  restera quinze ans, donnant des conférences dans tout le pays. Il fonda la Self-Realization Fellowship (Organisation de la Réalisation du Soi), dont il établit le siège à Los Angeles.

Aujourd’hui, l’organisation compte plus de 500 centres  répartis aux quatre coins du globe.

Yogananda retournera en Inde en 1935 pour assister aux derniers jours de son guru,  puis à sa résurrection. Il profita de son séjour pour rendre visite au Mahatma Gandhi et à la Sainte Ananda Moyi Ma.

Il revint aux États-Unis en 1937, où il resta jusqu’à son décès en 1952.

Yogananda quitte ce monde

À l’instar de ses illustres prédécesseurs, Yogananda quitta son corps en pleine conscience, juste après avoir prononcé une allocution durant un banquet.

Durant les 20 jours séparant son décès de son inhumation, le corps de Yogananda  ne connut absolument aucune altération. Ce phénomène a déjà été observé avec d’autres yogi ou lamas dont le corps reste absolument intact pendant parfois plusieurs années!

Le Kriyâ Yoga, chemin royal vers le divin

Par quel prodige les yogis obtiennent-ils des capacités aussi extraordinaires? A travers une pratique assidue du Kriyâ Yoga.

Kriyâ Yoga signifie “L’union par le biais d’un certain rite / technique”. A travers la pratique des kriya, le disciple arrive à transformer sa respiration en énergie. Il maîtrise les courants vitaux, qu’il fait consciemment circuler via les six centres de la moëlle épinière.

La conséquence immédiate en est un ralentissement de toute l’activité du système nerveux et des organes. Cet état entraîne une paix profonde où le yogi, libre de toute pensée ou émotion, peut réaliser l’union avec le divin.

Les yogis avancés sont capables grâce à cette méthode de régénérer leurs cellules ou de se dématérialiser à volonté.

La science du Kriyâ Yoga est supposée accélérer considérablement le développement spirituel et même si certains pouvoirs apparaissent en cours de route, ils ne constituent pas une fin en soi. La fusion avec le créateur doit constituer l’unique objectif du véritable yogi.

Babaji

Babaji est considéré comme un avatar, une incarnation du divin. On dit que son rôle est d’épauler les prophètes dans leur divine mission.

C’est lui qui transmit le Kriyâ Yoga à Lahiri Mahâsaya. Il apparut également à Yogananda et lui confirma que son destin était de se rendre en Amérique.

Dans Autobiographie d’un Yogi, Lahiri Mahâsaya, Srî Yukteswar et Ram Gopal – un yogi ont Yogananda avait fait la connaissance lorsqu’il avait voulu se rendre dans l’Himalaya – relatent leur rencontre avec Babaji.

Être humain, être divin

Dans la même lignée que La vie des maîtres, Autobiographie d’un Yogi est un hymne à la puissance et au potentiel illimité de l’être humain.

La différence notable entre les deux ouvrages vient du fait que Yogananda, en plus d’assister au miracle d’autres maîtres, nous offre la chance de suivre son cheminement et d’assister à ses progrès sur sa voie spirituelle.

Ce faisant, il démontre au lecteur que déchirer le voile de la dualité et devenir un maître n’est pas l’apanage de certains élus mais bien un objectif réalisable pour chaque être humain.